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La liberté comme point de départ

Née d’un père musicien et d’une mère viscéralement attachée à la mode, j’ai grandi dans un environnement où la création n’était pas un décor mais une façon de vivre, de se tenir au monde. Très tôt, j’ai compris que s’exprimer pouvait passer par d’autres langages que les mots, par le rythme, l’attitude, le style, cette manière de dire sans expliquer.

Depuis l’enfance, je chine. Par instinct autant que par héritage. Chercher, fouiller, reconnaître une pièce au premier regard, sentir ce qu’elle a traversé. Le vintage n’a jamais été une tendance pour moi, mais une chasse, une mémoire, une continuité. Avec ma grand-mère, les gestes du textile faisaient déjà partie du quotidien, coudre, broder, fabriquer, habiller, comme des rituels simples et fondateurs. Dans ma chambre, je dessinais des vêtements avant même d’imaginer que cela puisse devenir un chemin.

À l’adolescence, le vêtement devient un terrain d’expression à part entière. Mon style change sans cesse, s’affirme, se déplace. On me dit souvent que je n’ai jamais le même look, que tout me va. Ce n’est pas une recherche d’image, mais une manière instinctive d’exister, d’assumer des identités multiples sans jamais me figer.

Puis la culture hip-hop s’impose comme un socle. Une attitude avant tout. Une liberté. Une façon de créer sans attendre la validation, de détourner, d’assembler, de faire avec ce qui est là. En autodidacte, j’explore d’autres formes, la peinture, le graffiti, la photographie, le piano, toujours guidée par ce même besoin viscéral de composer, de raconter sans trop expliquer. Le vêtement, lui, reste en filigrane, présent, évident, patient.

En 2014, l’achat d’une machine à coudre marque un basculement. Une amie m’en transmet les bases, et tout s’aligne. Ce n’est pas un changement de direction, mais la continuité naturelle d’un parcours fait de liberté, de transmission et de culture street.

Aujourd’hui, je crée à partir de vêtements déjà existants, en mêlant l’héritage hip-hop, la force du vintage, les contrastes de volumes et de matières. Des pièces uniques, pensées pour celles et ceux qui veulent se sentir alignés, libres, affirmés. Des vêtements qui ne cherchent pas à lisser, mais à révéler, parce qu’ils portent des traces, des tensions et une histoire, comme les personnes qui les portent.

Je ne crée pas pour suivre une époque ni pour plaire à tous, mais pour celles et ceux qui avancent avec leur propre rythme. Mon travail est un prolongement de cette liberté, une manière de rester fidèle à ce que je suis et d’offrir des pièces à ceux qui ne se fondent pas, à ceux qui préfèrent se reconnaître plutôt que se travestir.

Marija Stoja.

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