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L’upcycling comme acte artistique, pas comme tendance

Je ne me considère pas comme quelqu’un qui “fait des vêtements”. J’utilise le vêtement comme un support. Un support d’expression, de traduction, parfois de transformation. L’upcycling, dans mon travail, n’est ni un argument écologique à la mode ni un simple exercice de style. C’est une manière de travailler avec ce qui existe déjà, avec ce qui a déjà vécu, et d’y inscrire autre chose.

Chaque pièce arrive avec une histoire, même quand elle n’est pas visible. Mon travail consiste à écouter ce qu’elle peut devenir.

Quand je crée pour quelqu’un, je ne pars pas d’une idée décorative. Je pars d’une personne. De son énergie, de ce qu’elle dégage, de ce qu’elle traverse parfois. Je cherche à comprendre ce qu’il y a derrière l’image, derrière le discours. Je ne cherche pas à illustrer une histoire de manière littérale, mais à en proposer une traduction sensible, portable, ouverte. Une pièce dans laquelle la personne peut se reconnaître sans être enfermée dans un récit figé.

Il m’arrive aussi de créer sans destinataire précis. Dans ces moments-là, le point de départ peut être très variable: une référence à l’art de rue, une esthétique des années 2000, une matière, une chanson, une atmosphère, ou simplement une émotion qui cherche une issue. Ce ne sont pas des créations conceptuelles au sens strict, mais elles ne sont jamais gratuites non plus. Elles répondent toujours à une nécessité intérieure, même si celle-ci n’est pas toujours formulable au départ.

Je suis quelqu’un de sensible, et cette sensibilité est centrale dans mon travail. Mais elle va toujours de pair avec une exigence très claire. Je sais ce que je veux explorer, et surtout ce que je ne veux pas produire. Je ne m’intéresse pas aux pièces lisses, neutres, sans aspérité. J’ai besoin qu’un vêtement porte une certaine densité, une tension, parfois même une forme de contradiction. C’est dans cette complexité que je me reconnais et que mes créations trouvent leur justesse.

Je ne crée pas pour répondre à une attente ou pour séduire au sens commercial du terme. Je crée parce que c’est une manière pour moi de mettre de l’ordre, de donner une forme, de faire circuler quelque chose. Et si mes pièces peuvent, en retour, permettre à d’autres de se sentir plus libres, plus affirmés, plus eux-mêmes, alors le travail est complet.

Je ne conçois pas mes vêtements comme des armures, ni comme des déguisements. Je les vois plutôt comme des révélateurs. Des objets qui accompagnent une personne au lieu de la masquer.

Dans un univers saturé d’images rapides, de tendances éphémères et de vêtements interchangeables, mon intention est différente. Je cherche des pièces qui prennent le temps, qui portent une histoire, qui ne soient pas immédiatement consommées puis oubliées.

Porter une de mes créations, ce n’est pas simplement adopter un style. C’est choisir de porter quelque chose qui a une présence, une matière, un sens.

Si vous cherchez un vêtement lisse et sans aspérité, vous ne trouverez probablement pas ce que vous cherchez ici. Mais si vous avez envie d’une pièce qui raconte quelque chose, même discrètement, alors nous parlons peut-être le même langage.

Marija Stoja.

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