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Quand une pièce quitte l’atelier

créatrice vêtements upcyclés

Il y a des rencontres qui ne font pas de bruit, mais qui marquent un endroit précis dans un parcours. J’ai rencontré Youssoupha au Demi Festival, en août 2025, presque simplement, presque naturellement, et j’ai eu la chance de pouvoir échanger avec lui et de lui offrir une veste en jean upcyclée sur laquelle j’avais cousu, dans le dos, l’une de ses punchlines, “t’avais jamais entendu parler de rap français”. Ce geste n’était pas une stratégie, plutôt une manière de remercier, de faire circuler quelque chose qui m’accompagne depuis longtemps. Quelques temps plus tard, je l’ai vu porter cette veste sur scène, d’abord en Belgique, puis à Kinshasa, lors de la présentation de son film Amour Suprême, et j’ai ressenti cette chose rare et très simple à la fois, le sentiment qu’une pièce a trouvé sa place, qu’elle a quitté l’atelier pour entrer dans une autre histoire. Plus tard encore, lors d’un concert à Nancy, il portait l’un de mes t-shirts signature “Marija Stoja”, que j’avais spécialement conçu pour lui, customisé de tissu wax et avec son nom cousu en jean dans le dos, et il l’a porté sur scène, comme une continuité. Ce que j’ai ressenti à ces moments-là n’était pas de l’orgueil, mais une forme de gratitude calme, la confirmation que mon travail peut vivre ailleurs que chez moi, sur d’autres corps, dans d’autres villes, dans d’autres récits. Voir mes pièces traverser les lieux, les scènes et les regards, c’est peut-être ça, au fond, ce que je cherche: créer des vêtements qui ne m’appartiennent plus vraiment une fois qu’ils sont portés, mais qui continuent de raconter quelque chose, discrètement, à leur manière.

Voir plus de photos ici.

Marija Stoja.

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